Le second club de lecture d’Agile Bordeaux a eu lieu ce matin. Le thème retenu était « Les mots sont des fenêtres » de Marshall B. Rosenberg.

Nous étions 9 a avoir relevé le challenge de se lever un samedi matin pour échanger autour de cette oeuvre. Oui, ce point de vue relève directement de mon propre cadre de référence : pour moi, renoncer au repos d’un samedi matin relève d’un challenge ;-). Mais je m’égare, et sincèrement, je ne regrette pas ce choix.

Je remercie donc Isabel, Karine, Léna, Alexis, Benoist, Fabrice, Patrick et Vincent pour la richesse de ces échanges, le tout dans une ambiance toujours très agréable.

Je ne ferai qu’évoquer ici l’incident du New-York qui n’a pas ouvert à l’heure puisque nous avons bénéficié d’un accueil et de conditions très agréables chez leurs voisins : « Les pains d’Alfredo« .

Revenons au principal : nos échanges. C’est bien là la principale valeur ajoutée d’un club de lecture à mes yeux (au delà de me motiver à lire certains ouvrages dans des délais fixes) : prolonger son enrichissement personnel initié par la lecture d’une oeuvre, à travers des échanges de points de vues, des partages d’anecdotes et d’expériences personnelles/professionnelles plus ou moins directement liées aux sujets abordés. Et en la matière, la qualité et la générosité de mes compagnons d’échanges m’ont fait vivre ma participation à cette matinée comme un réel privilège.

Alors une fois que ce cadre est posé, que dire de cet ouvrage, de son auteur, et de nos échanges ?

Commençons par l’auteur. Pour ceux qui ne le connaissent pas (est-ce possible si vous êtes arrivés jusqu’à cette page ?), Marshall B. Rosenberg est simplement le père originel de la CNV (Communication Non-Violente). Il était riche d’une expérience incroyable, et fait preuve d’une humilité incroyable dans ses écrits.
Comme l’a souligné Alexis, l’usage du « Je » et la qualité de la traduction, donnent l’impression d’un échange direct avec l’auteur. Bref, un style d’écriture fluide, qui donne l’impression d’une belle rencontre humaine.

Puisque nous basculons sur l’ouvrage, il s’agit bien d’une présentation de la CNV ou « Communication Non-Violente« . Si j’avais déjà lu « La Communication Non-Violente au Quotidien » du même auteur qui présente brièvement le modèle d’expression proposé (Observation – Sentiments – Besoins – Demande), je n’y avais pas perçu au moins la moitié des messages passés dans « Les mots sont des fenêtres« , tels que :

  • l’accueil des propos de l’autre,
  • la place centrale de l’empathie dans ces échanges,
  • la responsabilité que nous avons de nos propres sentiments,
  • le choix de la façon dont nous accueillons un message qui semble offensif,
  • etc.

Bref, « La Communication Non-Violente au Quotidien » est un apéritif intéressant, mais si vous vous intéressez à la CNV, je vous conseille de vous pencher sur « Les mots sont des fenêtres« .

Sans en dire beaucoup plus sur le contenu du livre, je livre ici une simple citation extrait de celui-ci que j’ai retenue comme mot de clôture :

Derrière les messages intimidants, il y a simplement des individus qui nous prient de satisfaire leurs besoins.

 

Enfin, que vais-je retenir de nos échanges ? Beaucoup de choses dont je ne saurais restituer ici qu’un échantillon (et en vrac).

Il me semble qu’un consensus est assez clair autour du fait qu’appliquer la CNV est très très difficile ! Et l’auteur est assez franc sur la question.

Le livre est riche en exemples, dont de nombreux ne sont pas des retours d’expériences de Marshall lui-même mais d’un partage de retours de personnes qui ont eu la chance de suivre ses formations et envers lesquels il affiche avec humilité une admiration qui force le respect.

Un lien a été établi avec les accords toltèques présentés par Thierry Cros en début de semaine dans le cadre d’Agile Bordeaux.

L’évitement du conflit a été identifié comme une stratégie à court terme.

Il peut ne pas exister de connexion entre nos propres émotions et les actions des autres (mais cette déconnexion n’est pas évidente, et elle relève d’un choix de point de vue).

Nous avons même évoqué les Bisounours, et convenu qu’un certain nombre d’entre nous étaient plus tentés de se tourner vers eux que de se résigner à des tendances peu constructives, voire destructives.

Une attention toute particulière a été portée sur nos étiquettes et nos jugements sur les autres qui génèrent des conditionnements inappropriés.

Les échanges en CNV sont finalement des enquêtes. Elles peuvent sembler pleines de jugements et d’interprétations, mais ce n’est finalement que pour favoriser le questionnement de l’autre (même en cas de mauvaise piste) en se servant des hypothèses proposées comme support. Sans celles-ci, la marche pourrait être trop haute.

La découverte de la CNV peut ressembler à la découverte d’une nouvelle contrée nommée « Utopia ».

On apprend à nos enfants à parler mais pas à communiquer (cette idée ne m’a pas quittée depuis ce matin … que vais-je en faire ?).

L’importance de la pratique, de l’expérimentation au delà de l’acquisition théorique ressort comme une évidence à la lecture de ce livre. En tant qu’agiliste, c’est dur de passer à côté.

Souvent, les gens n’ont pas les mots pour exprimer leurs sentiments.

C’est comme la dégustation de vin : c’est pas la pratique que l’on perçoit les nuances dans les sentiments et les besoins.

Une application décalée de la CNV : Le Fuck You Meeting présenté par Jérôme Dumont.

La CNV implique souvent une mise en danger.

On peut coller à tort une notion d’égoïsme derrière l’expression des besoins de l’autre.

« Arrêtons de parler, essayons de communiquer » (Je pense qu’il y a un trademark Isabel … mais je compte bien le garder en tête).

Essayer, c’est déjà être sur le bon chemin.

 

Bon, je pense avoir rempli mon contrat : le vrac.
Je finirais donc en remerciant les organisateurs et les participants ; puis en rappelant que ces clubs de lectures sont organisés dans le cadre du Meetup Agile Bordeaux pour les inscriptions, et à travers un trello pour le choix des livres.

 

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