J’ai eu la chance d’avoir une fin de semaine des plus instructives.

Tout a commencé jeudi avec une formation aux “Innovation Games” de Luke Hohmann (http://www.amazon.fr/Innovation-Games-Creating-Breakthrough-Collaborative/dp/0321437292) par Claude Aubry (http://www.aubryconseil.com/) et Alexandre Boutin (www.agilex.fr) … rien que ça.
Cela a en plus été pour moi l’occasion de rencontrer physiquement Jacques Couvreur avec qui j’avais eu quelques échanges il y a un peu plus d’un an, pour l’organisation d’une séance d'”Alchimiste Agile” au Scrum User Group de Bordeaux.

Autant dire que c’était du lourd. Il s’agit d’un ensemble de 12 serious games (et non agile games selon Alex) dont le but est d’assister les Product Owner et autres parties prenantes à définir “le bon produit”.

La subtilité entre un serious game et un agile game est que le premier est une séance de travail dont le résultat est tangible, alors que le second consiste aussi en une séance de travail dont le résultat est la découverte ou l’approfondissement d’une pratique agile.

Pour revenir au sujet de la formation, elle a consisté en une part de théorie assez limitée car l’ensemble des participants présentait déjà un profil expérimenté vis-à-vis de l’agilité. Le gros du temps a donc été consacré à la pratique.

Une journée ne permettant pas de mettre en oeuvre les 12 jeux, nous nous sommes concentrés sur les 5 les plus fréquemment utilisés, à savoir :

  • prune the product tree, qui permet de définir le périmètre d’une release
  • remember the future, qui permet de découvrir comment améliorer son produit
  • product box, qui permet de prioriser les évolutions/corrections à apporter au produit
  • buy a feature, qui permet aussi de prioriser les évolutions/corrections à apporter au produit, mais qui peut aussi être utilisé à plus petite échelle
  • speed boat, qui permet de découvrir ce qui freine la bonne évolution du produit (à plusieurs niveaux)

En bref, une journée passionnante et aussi enrichissante de part le contenu de la formation que de part les échanges informels avec les formateurs et participants tout au long de la journée.

Revenons à cette fin de semaine qui s’est achevée par l’Agile Tour de Bordeaux.

Le problème dans ce type de manifestation, c’est le choix.
Il est nécessaire de trancher entre 4 sessions menées en parallèle tout au long de la journée. Le piège est donc : le mauvais choix.

J’ai donc commencé par là : un mauvais choix.

J’ai donc assisté à la première partie de la session “Un Kata Marrant”. Si un humour décalé était bien au rendez-vous, j’ai eu beau cherché pendant 40 minutes, je n’ai pas été en mesure d’y trouver la moindre piste d’enseignement.
Les 2 protagonistes de cette “pièce de théâtre interactive” on juste fait la preuve de leur maîtrise technique du framework Coffee.
Personnellement, j’étais venu là pour apprendre. Nous avons donc été un certain nombre de déçus à changer notre fusil d’épaule lors de la pause et à ne pas assister à la seconde partie.

Je me suis donc ensuite rendu à la session de Christophe Thibaut “Ni gladiateurs, ni bisounours. Une équipe remarquable au quotidien”. Les choses intéressantes ont donc commencées ici. Beaucoup de choses à tirer de cette session orientée autour des relations au sein de l’équipe et des Core Protocols. Je ne suis pas encore convaincu par l’ensemble des pratiques décrites par les Core Protocols (http://www.mccarthyshow.com/wp-content/uploads/2011/02/Equipe+v2.0-1.2.doc), mais j’en utilise déjà certains (ou des variantes), et d’autres me semblent prometteurs. Je reste en particulier dubitatif quant-à l’affichage émotionnel qui semble être l’un des fondements des Core Protocols.

J’ai ensuite fait le choix de mettre les mains dans le cambouis à travers une séance de coding dojo. Intéressante mais le sujet abordé impliquait une présence sur 3 sessions consécutives, or d’autres sujet m’intéressaient aussi. J’aurais aussi voulu y voir l’un des présentateurs s’y frotter. Il est toujours intéressant et instructif de voir les autres travailler, et ils s’agissaient là de pointures d’un point de vue technique. Cela aurait apporté beaucoup à la session.

J’ai ensuite tenté d’assister avec Laurence à la session de Markku Kutvonen intitulée “Transformation from startup to high standard agile organisation”. Là, entre l’absence de micro dans cette salle et mon niveau d’anglais, j’ai dû renoncer :-(. Aux dires de ceux qui ont réussi à le suivre, la session était terrible. Cela remet au gout du jour la question : “Comment se fait-il que des employés travaillant dans un domaine dans lequel la majorité des conférences est anglophone ne bénéficie pas d’une formation continue sur cette langue ?” Si nos services RH/Formation n’ont pas d’idées, c’est cadeau.

Nous avons donc assez vite renoncé pour nous tourner vers la session de Laurent Bossavit intitulée “Quarante ans de crise, dix ans d’agilité, et maintenant ?”. En gros, une leçon d’histoire basée sur l’adage : “Ceux qui ne connaissent pas leur histoire sont condamnés à la revivre”.
Je sus d’accord avec cet adage, mais ce n’est pas la première conférence que je suis de Laurent, et je reste encore frustré de ce qu’il donne par rapport à ce qu’il pourrait donner. Bref, une session que je placerais dans la catégorie “Culture générale”, et en ça elle était instructive.

J’ai tenté d’enchaîner avec la session “Billes rouges” d’Alexis Monville. Recalé à l’entrée parce que la session était déjà pleine :-(. C’est frustrant !

Je me suis alors réorienté vers la session “Agile à grande échelle” de Claude Aubry dans laquelle j’avais laissé Laurence.
Il s’agissait d’un retour d’expérience sur l’adoption massive et presque brutale de l’agilité dans l’ensemble de l’organisation. Cela a été l’occasion de montrer la durée de vie de certains artefacts que l’on exploite même pas lorsque l’adoption de l’agilité se borne aux frontières des équipes de production (les epics), et d’introduire ou de rappeler les grandes lignes de Scrum. Au fait, quitte à élargir le cadre de l’adoption du mouvement agile, vous êtes vous déjà intéressé au mouvement DevOps ? Cela peut être un premier pas.

J’ai enfin terminé ma journée par la session de Fabien Bézagu intitulée “TDD, je commence demain !”. Un titre prometteur dans lequel je recherchais quelques solutions auxquelles je n’avais pas encode pensé.
J’en ai retirée une pour tester des éléments dépendant de la date du jour ou de l’écoulement du temps qui passe.
Pour le reste, il est proposé de baser l’ensemble de ses tests sur l’utilisation de mocks ou stubs. Cela ne traite pas à mon avis le cas du métier embarqué en base.
Quoi qu’il en soit, je rebondi vis-à-vis de la première et de la troisième session de la journée, le fait de voir Fabien appliquer les principes exposés était vraiment un plus.

Que dire pour conclure si ce n’est qu’il s’agit là de 2 journées vraiment intéressantes et que la plus grande frustration de la seconde consiste en l’ensemble des sessions auxquelles je n’ai pas pu assister. Espérons qu’elles soient diffusées assez vite.